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10/03/2007

L’anesthésie sous hypnose

L’anesthésie sous hypnose : l’hypnosédation

Hypt1  

Mise au point en 1992 au CHU de Liège, l’hypnosédation est une technique qui utilise l’hypnose au moment de l’anesthésie.

Explications :

L’hypnose n’a rien à voir avec le sommeil, il s’agit plutôt d’un état d’hyperconcentration détendue. En fait, dans l’état d’hypnose, l’inconscient occuperait l’avant-plan, laissant en veilleuse le conscient habituellement hyperactif. Il semble que la majorité d’entre nous expérimente régulièrement une forme légère de transe hypnotique. Ainsi, il arrive parfois, que concentrés sur une idée ou une sensation, nous fassions complètement abstraction de la réalité environnante tout en poursuivant des activités comme marcher, conduire et… rater la sortie d’autoroute !

Les premières descriptions de l’état d’hypnose sont anciennes. Il faut néanmoins attendre les années ‘50 pour que l’on envisage de l’introduire dans les procédures médicales. L’hypnose étant un excellent moyen de relaxation, elle est, depuis, utilisée en médecine pour régler des problèmes engendrés par l’anxiété. Mais les plus importantes recherches médicales dans le domaine de l’hypnose ont porté sur l’usage de cette technique dans le contrôle de la douleur. On a en effet découvert que l’hypnose pouvait avoir un réel impact à ce niveau puisqu’elle permet de bloquer les signaux de douleur quand ils atteignent le cerveau, en substituant une autre sensation à celle de la douleur. L’hypnosédation trouve là son origine. C’est en effet dans ce cadre que la possibilité d’utiliser l’hypnose en lieu et place d’une anesthésie générale a vu le jour.

Comment se déroule une hypnosédation?

Une anesthésie sous hypnose n’est possible que pour certains actes chirurgicaux : des actes de petite chirurgie comme l’extraction de polypes dans le nez, de dents de sagesse ou des interventions plus sérieuses comme les opérations de chirurgie plastique et maxillo-faciale, de la thyroïde, ORL, gynécologique (hystérectomie… ). En fait, il semble possible de recourir à l’hypnosédation pour tous les cas où l’on peut utiliser une anesthésie locale. Notons néanmoins qu’en Belgique, l’investissement des équipes chirurgicales dans cette technique varie très fort suivant les hôpitaux. L’hypnosédation demande du temps et de l’énergie, une demande du patient, l’accord du chirurgien et une grande synergie entre tous les intervenants.

Lorsque l’acte chirurgical le permet, on propose l’hypnosédation aux patients qui redoutent l’anesthésie générale, à ceux qui désirent faire l’expérience de l’hypnosédation ou ont une contre-indication à l’anesthésie classique.

Comment cela se passe-t-il? Vous êtes vu en consultation d’anesthésie par un médecin anesthésiste formé aux techniques d’hypnosédation. La consultation n’a rien de particulier mais elle insiste sur l’importance de votre collaboration et votre rôle actif, sur votre motivation et votre confiance envers l’équipe opératoire et la personne qui vous hypnotise. Il faut absolument que vous soyez volontaire.

Si vous êtes amené à subir une hypnosédation, vous êtes généralement accueilli le matin même de l’intervention et recevez une médication destinée à vous détendre, une heure avant la chirurgie.

Une fois au bloc opératoire, vous êtes confortablement installé sur la table d’opération, au besoin à l’aide de coussins. L’équipe médicale met en place un monitoring classique (mesure du battement du cœur, de la pression artérielle) et prévoit une procédure d’urgence qui permet à tout moment de recourir à une anesthésie générale.

L’hypnose peut alors commencer. Dans la salle d’opération, l’anesthésiste diffuse une musique lancinante et vous invite à vous détacher de l’environnement en fixant un point. Outre la musique, la salle est plongée dans un silence relatif : on diminue le volume sonore des bips, les médecins et infirmiers chuchotent. Le médecin anesthésiste parle d’une voix monocorde, lentement, avec un langage répétitif. Vous entrez en état d’hypnose : vos muscles se relâchent, vous vous immobilisez, votre fréquence respiratoire se ralentit. Cet état de conscience modifiée est maintenu pendant toute l’intervention par l’accompagnement verbal de l’anesthésiste qui suggère l’évocation d’un souvenir agréable qu’il aura convenu avec vous avant votre arrivée au bloc (vacances en montagne, pratique d’un sport…).

Vous restez donc conscient au cours de l’acte mais vous êtes toujours envahi par une sensation de détente. Vous vous dissociez de ce qui se passe dans la salle et dans votre corps en allant rechercher dans votre mémoire des moments agréables pour les revivre.

L’état d’hypnose est assez agréable : cela ressemble à ce qui se passe le matin au réveil lorsqu’on se sent dans une bulle, que l’on n’a pas envie d’ouvrir les yeux, mais que toutes les perceptions sont extrêmement claires. Toutefois, sous hypnose, la réalité et les images créées par le cerveau ont tendance à se confondre.

Après 5 à 10 minutes, le chirurgien place le champ opératoire et utilise l’anesthésiant local. Pendant toute l’opération, vous pouvez signaler l’inconfort par un signe de la main ou un clignement d’œil. L’anesthésiste rassure de la main et prévient le chirurgien qui réinjectera alors un anesthésiant local. Les manipulations chirurgicales sont précises et douces ; toute l’équipe doit s’adapter à vos besoins physiologiques et psychologiques. Bien sûr, il faut une grande collaboration entre tous les membres du personnel présents. En fonction des gestes posés par le chirurgien, l’anesthésiste module son discours et vous conditionne pour que vous intégriez le geste à ce que vous vivez. Ainsi, l’injection d’un produit froid peut être associée à la sensation d’un glaçon que l’on suce lorsque l’on “ farniente ” autour de la piscine.

Lorsque l’intervention est terminée, l’anesthésiste reprend une voix normale et vous invite à réintégrer un état de conscience normal.

Vous séjournerez en salle de réveil pendant une trentaine de minutes pour surveiller les suites de l’intervention. Ensuite, vous pourrez retourner dans votre chambre et pourrez quitter l’hôpital le lendemain de l’intervention.

 

Des contre-indications?

On ne propose pas cette technique aux personnes qui présentent des contre-indications : allergies aux anesthésiques locaux, surdité, troubles psychiatriques ou démences.

 

Quels sont les atouts de l’hypnosédation?

Avantages majeurs : après une hypnosédation, vous pouvez boire et vous alimenter sans délai. Vous ne ressentez ni nausées, ni vomissements, et pouvez vous lever immédiatement.

En outre, on a pu observer que, par rapport aux patients opérés sous anesthésie générale, ceux qui ont vécu une hypnosédation en gardent généralement un excellent souvenir, dû principalement à leur “ participation active à l’intervention ”. Ils montrent un état de détresse moindre durant la chirurgie, ressentent moins de douleurs après l’opération, se disent moins fatigués et consomment moins de médicaments. Surtout, et c’est un des principaux atouts de cette technique, l’hypnosédation laisse la conscience aux patients, ce qui, semble-t-il, leur permet de récupérer et de se rétablir plus rapidement.

 

Mon expérience : 

Hypt2 C’est au cours de divers examens (scanner, IRM, hystérosonographie) pour mettre en évidence une hernie discale qu’a été décelé un polype intra utérin.

2 solutions se présentent alors à moi :

                    1 - je le garde mais il est de taille inquiétante.

                    2 - je le fais enlever.

Prudente je choisis la 2eme solution.

Durant la consultation chez la gynécologue qui fait suite aux résultats des examens celle-ci me propose une intervention sous hypnose !

Un peu inquiète tout de même, je dis oui. Après tout, si elle me le propose c’est que c’est possible et comme je n’ai jamais été anesthésiée voici encore un moyen d’y échapper. 

Dans le mois qui suit, je rencontre le chirurgien puis l’anesthésiste hypnotiseur. Tous les 2 m’expliquent comment ils travaillent et surtout ce qu’est une hypnosédation. Pour imager voilà ce qu’ils me racontent:

« Quand vous êtes en voiture, sur un trajet que vous connaissez bien que vous faites très régulièrement, il vous arrive d’oublier de prendre à droite là où vous prenez tout le temps ?? Et bien un instant votre cerveau tout en étant actif et présent s’est « déconnecté ».
C’est précisément cette faculté de votre cerveau qui est utilisée pendant une hypnose. »

 
Le 5 février 2007 je fais mon entrée à la clinique. Je suis attendue pour 10h00 l’intervention est prévue à 12h15. De 10h00 à 11h30 prête, j’attends dans une chambre. Je dois me détendre à l’aide d’un petit comprimé.11h30 le brancardier vient me chercher il est temps de descendre au bloc.

Je suis accueillie au bloc par le chirurgien, 2 infirmières et l’anesthésiste hypnotiseur. Tous sont très rassurants. A partir de ce moment c’est l’anesthésiste qui me prend en charge.

Elle m’explique que je vais devoir me concentrer sur sa voix que je vais entendre les propos de l’équipe qui intervient et tous les bruits du bloc mais que c’est normal.

Pour m’accompagner il y aura un fond musical du Mozart (si je n’ai rien contre lui). Et nous établissons un code, si il y a le moindre problème elle ne me lâche pas la main et je n’ai qu’à la lui presser pour qu’elle sache.

Je l’écoute et suis ces recommandations, je dois me concentrer sur un point fixe au plafond et me laisser entrainer par les courbes, les couleurs qui se proposent à moi puis elle me demande de fermer les yeux, ce que je fais. Je vais peu à peu détendre tout mon corps comme dans une énorme relaxation.

Elle continue de me parler et m’emmène en voyage (c’était convenu entre nous je voulais repartir en Thaïlande). Ces mots ne sont que douceur, poésie, tendresse, chaleur, soleil, plage, mer….

Mon corps est là dans ce bloc entre les mains du chirurgien et mon esprit est en voyage. Alors oui j’entends tout mais ce n’est pas angoissant. Je sais ce qu’ils font et j’ai confiance et puis il y a cette voix qui me rassure.

Le voyage se termine il va falloir reprendre progressivement possession de mon corps. Toujours sur les recommandations de cette voix je vais revenir à un état de conscience.

« Vous allez pouvoir ouvrir les yeux »

L’intervention n’aura durée que 15 minutes mais j’avais perdu la notion du temps.

 

Les suites de l’intervention

D’abord le chirurgien m’a dit que tout était ok et qu’il avait rarement l’occasion de s’adresser à son patient immédiatement après son intervention. Les infirmières aussi ont été très délicates puisque je n’étais pas endormie ! Le travail du chirurgien aussi est différent quand il s’agit d’une hypnose. Il m’a clairement expliqué que sous anesthésie générale il retire le polype en un seul coup de scalpel, ce qui veut dire qu’il peut abîmer la paroi utérine.
Sous hypnose il a travaillé en couches successives et s’est arrêté avant de toucher la paroi utérine. Donc pas de saignement, pas de douleur et pas de traumatisme !!!

 
Un passage éclaire en salle de réveil. Ce qui m’a permis d’apprécier ce à quoi j’avais échappé. Le réveil d’anesthésie classique semblent difficile et même douloureux sans parler d’éventuelles conséquences !

Puis le brancardier ma remontée dans ma chambre et à 16h30 je rentrais chez moi en pleine forme ! Et lendemain je pouvais travailler alors que a voisine de chambre avait une semaine d’arrêt de travail pour le même type d'intervention!

 
Ce fût une expérience très enrichissante. Si c’était à refaire et bien c’est sans hésitation que je me soumettrai de nouveau à l’hypnose.

 

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Voici les sites qui parlent de L’anesthésie sous hypnose :

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